Beaubeaujolais
Bonne nouvelle ! Je pars en vacances la semaine prochaine !!! Une semaine à Barcelone, excellent !
Mais arghhhh je vais louper la soirée du beaujolais nouveau !!!!! Mauvaise nouvelle….
Ce n’est pas que le beaujolais nouveau me fasse rêver, ou que je l’attende avec impatience. Non non non. Ce n’est pas non plus son cortège médiatique et marketing que je vais rater qui me donne ce petit soupçon de regret. Oh que non.
C’est plutôt que le beaujolais nouveau et moi, nous avons un passé en commun. C’est lui qui m’a fait prendre ma 1ère vraie cuite ! C’est grâce à lui (qui a dit « à cause » ?) que je me suis retrouvé un matin tout barbouillé, avec une grosse tâche sur l’oreiller (dont je vous épargne l’aspect et la composition).
Je me souviens encore du lendemain matin à 8h en cours de maths… Avec mon acolyte de la veille (non, pas alcoolique), nous n’avion alors qu’une seule et unique envie : se recoucher ! On était avachi sur nos tables, à noter tant bien que mal, tant que les autres huluberlus de la classe passaient au tableau… On y avait échappé, sans doute par pitié.
Cette soirée mythique commençait comme souvent à l’époque, par un Bourdelle (non, pas bordel, je sais que j’utilise beaucoup de termes qui prêtent à confusion, mais quand même !). Le Bourdelle, c’est un bistrot à Montparnasse qui, à l’époque, faisait la pinte (en fait 40cl) pour 10 francs ! Pour les étudiants que nous étions, il était très vite devenu le QG principal.
On y avait alors vidé 3 pintes (d’après nos souvenirs conjugués), en fin d’après-midi.
Puis j’ai eu l’heureuse idée de faire une petit halte (halte pipi, oui, si vous voulez) par chez mon pote, avant de repasser chez moi. On était alors comme 2 trolls étalés dans les fauteuils. C4est alors que son père nous appelle pour lui (puis nous) proposer de venir à un cocktail pour le beaujolais nouveau d’un de ces fournisseurs. Ni une, ni deux, on y est allé ! Look étudiant, avec nos chemises (dans lesquelles nous rangions nos semblants de cours) et nos gros manteaux sur les bras. Bien évidemment, on n’avait pas mangé. Et on était encore tout joyeux !
Beaucoup de monde dans une petite pièce très éclairée. Qu’importe, on s’y sentait chez nous ! Mais toujours encombré de nos manteaux et chemises (que l’on gardera toute la soirée à la main). Quelques petits fours et autres amuse-gueules nous tendaient les bras. En fait ils nous narguaient. Et oui. Un bras pour porter manteaux et chemises. Un autre pour tenir le verre… Sans troisième bras, il était bien difficile de saisir les tartines de pâtés, les pruneaux dans leurs robes de jambon et les feuilletés au saumon…
Par contre, nous avions un verre. Et, croyez-moi, jamais vide. En effet, on s’était fait repéré par un serveur, qui avait du prendre un malin plaisir tout au long de la soirée à nous resservir encore et toujours. Dès que notre verre était à moitié vide, il accourait. On n’a jamais pu le feinter (on n’a jamais essayer non plus…). Je ne sais pas combien de verres se sont enchaînés ainsi. Au bout d’un moment, on s’est décidé à organiser un relais pour que l’un tienne les affaires pendant que l’autre allait faire le plein (autant que nos petites mains pouvaient tenir, donc pas forcement grand-chose) de nourriture. Ca faisait du bien. Et voilà que notre ami le serveur se repointait ! Dingue.
On n’a pas vu la soirée passer, jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il n’y avait plus grand monde. Le fromage arrivait, on avait finit par abandonner lâchement nos manteaux quelque part. C’est alors que je sentis du verre sous mes pieds. Etrange. Mon compère me regardait un peu étonné (d’après mon souvenir et le sien). Je n’avais plus de verre. Inimaginable. Il était en fait sous mes pieds. On n’a même pas eu le temps de se poser des questions, qu’une charmante dame s’écrie en me voyant : « Mais vous n’avez pas de verre ?? Attends, je vous en apporte un ! »… « Voilà jeune homme ! » « Merci madame, c’est très gentil de votre part » (avec probablement quelques hésitations et redoublement de lettres). J’avais de nouveau un verre. Rempli, bien entendu !
La soirée continuation alors sur le même rythme, quand, tel un phare à l’horizon, son père s’approcha de nous pour nous confier qu’il partait, et nous demander si on voulait rester.
On l’a alors suivi, sans faire d’histoires. Le but du jeu était alors de paraître le plus sobre possible. On l’a tranquillement raccompagné chez lui. Il étai rentré chez lui.
On pouvait se relâcher un peu.
On n’avait toujours pas mangé. On a alors poussé la porte du dernier établissement du quartier capable de nous servir quelque chose : un McDo.
On se marrait comme des baleines. Quand tout à coup, mon compagnon de galère se pencha sur le côté… je n’ai pas osé regarder… mais j’ai entendu… Heureusement, on était à l’étage, on a donc pu plier bagages sans soucis, ni vu, ni connu.
Pour ma part, j’ai découvert mon œuvre au réveil, gisant sur l’oreiller…
Sachez que nous y sommes retourné l’année suivante (en remplaçant son père par sa mère, et ce fût nettement moins palpitant). Depuis, son père est à la retraite… donc plus de soirée beaujolais nouveau chez cet aimable fournisseur…
Voilà donc ce à quoi je repense chaque année à l’occasion du beaujolais nouveau. Voilà donc ce que je raterai cette année :/ Mais qu’importe, je serai en vacances !!!!!