A la lettre près, ou nos idéaux de jeunesse...
Ma soeur ne reprends les cours que fin septembre. C'est comme ça, c'est la fac. Et encore, nombre d'entre elles ne rassemblent leurs troupes qu'on octobre! Et attendant, ma soeur... ne fait rien. Elle a plusieurs semaines derrière elle et devant elle de RIEN. De glande totale et ininterrompue. Et là je me dis... "Mais mais mais mais mais, elle ne fait rien? Pas un petit boulot, pas des cours à préparer?? Mais mais mais elle doit s'ennuyer à mourir, non?" C'est ma 1ère réaction... Je réfléchis alors quelques secondes.... et là, le choc... je me rappelle... je me souviens.... ça fait quoi, allez, même pas 2 ans que je bosse. Deux années de boulot, et j'ai déjà oublié ce qu'est la glande... le fait de rien de faire... Et ça me choque d'avoir déjà oublié ça! J'ai quand même profité à fond du système fac (entre autres) en faisant le minimum du minimum, en étant en vacances à ne rien faire toute l'année... Plusieurs solutions : soit j'ai une capacité d'adaptation phénoménale, qui fait que je change mes repères du jour au lendemain si besoin est (très douteux), soit le monde du travail exerce un puissant lavage de cerveau... La deuxième solution est plus plausible... Ca me fait penser à un pote à moi, qui a eu exactement le même parcours scolaire que moi, donc la même base. Il y a quelques mois, il me parlait d'un stage qu'il faisait dans une agence bancaire. Il était horrifié (c'est le mot) et indigné, écoeuré (ce sont encore plus les mots!) par l'état d'esprit des "conseillers financiers". "Imagine, qu'il me disait, ils s'en foutent des besoins des clients, tout ce qu'ils veulent c'est leur refiler le produit du mois! Ils ont leurs chiffres de vente à faire, alors ils font tout pour les faire, quitte à te revendre un produit à l'opposé de tes besoins...". On était d'accord. On trouvait ça nul, et il me jurait qu'il ne ferait jamais ce boulot à cause de ça. Surtout qu'il n'avait pas la fibre commerciale. Un an plus tard, il se retrouve à bosser en agence (pas forcement pas choix, attention) et voilà qu'il me dit, pas plus tard qu'hier soir, qu'il a fait une super journée en vendant 6 produits du mois (ou assimilés)... Ca rejoint mon 1er raisonnement! Comment a-t-on pu changer de la sorte! On est à 1,000 lieus de nos idéaux d'hier!! C'est dingue. Faut que je m'accroche, je veux pas finir comme ça! C'est pas possible. Ca me fait également penser à une BD (la meilleure de l'année pour l'instant, et ça ne m'étonnerait pas qu'elle décroche un prix à Angoulême en janvier prochain). Il s'agit de A la lettre près, de Cyrille Pomès.

Dossier sur A la lettre près, de Cyrille Pomès : http://www.bdgest.com/expos.php?IdExpo=7
Visuel de couverture Cyrille Pomèes, chez Albin Michel.