je blogue, tu blogues...
L’autre fois, dans le métro, je repensais à cette histoire de blog, et je me disais :
« Quand même, ces blogs, ça peut être bizarre.»
Je m’explique. Derrière un blog, on est anonyme vis-à-vis de la plus part des gens (sauf si on a filé l’adresse à ses potes, ce qui n’est pas mon cas (mais c’est un autre sujet)).
On est donc « protégé ». On peut parler sans crainte de blesser un proche, de dévoiler quelque chose qui changera nos relations avec nos proches. On peut se confier, parler, et être écouté.
Comme je le disais dans mon introduction sur ce blog, on peut se faire un journal intime, lu par des inconnus « innoncents ».
Mais voilà qu’après quelques jours de pratique, j’en viens à faire évoluer mon opinion.
On peut donc se livrer sur son blog. Parler de soi. OK. On va être lu. Et ce qu’on aura écrit va être commenté. Mais… quand on se livre vraiment, quelque part, on s’expose. On se découvre. On se met à nu. Et ce, devant des inconnus. Ces personnes là, qui ne nous connaissent pas, vont juger ce qu’on leur montre. Vont nous juger.
On sera jugé sur un petit morceau de ce qu’on est, de ce qu’on vit. Sur le petit morceau qu’on aura décidé de montrer. C’est quelque chose que je trouve assez terrible. Des gens vont se permettre de nous évaluer, de se faire une opinion de nous, de critiquer, d’apprécier, de réprouver ce qu’on aura pu faire et penser… en se basant sur une poignée de mots !
C’est un raccourci démentiel.
Moi-même je me suis laissé aller à ce genre de « procès » infondé. Je me sens même quelque peu coupable de commentaires que j’ai pu faire vis-à-vis d’une demoiselle (que je ne nommerais pas, mais qui se reconnaîtra sans doute si elle passe par ici). Pas des commentaires méchants, j’entends bien. Mais des commentaires sur son comportement. Alors que je ne sais rien de cette personne.
On peut commenter plein de choses simplement. J’aime bien ce disque, j’aime pas cette BD, je trouve son blog moche, j’adore sa façon d’écrire, je compatis avec elle, je suis heureux de ce qui lui arrive, j’aime te lire. Mais le « tu as fait ça donc tu penses ça et tu es comme ça… » …